#StopFakeMeds #ThinkSmart
Les faux médicaments et les médicaments de qualité inférieure représentent 10% de la totalité des médicaments en circulation dans le monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé.
La prévalence de faux médicaments peut atteindre jusqu’à 30% ou 40% du marché dans certains pays d’Afrique, d’Amérique Latine ou d’Asie.
En termes de profits générés cela représentait 157 milliards d’USD en 2022 et devrait atteindre 196 milliards de d’USD en 2027*, même si nous sommes peut-être en-deçà ou au-delà de la réalité de ce marché criminel.
Pourquoi y a-t-il et y aura-t-il davantage de faux médicaments en circulation ?
1/ Les profits colossaux générés par la vente des faux médicaments constituent là première motivation de ceux qui produisent, transportent et vendent les faux médicaments.
Par exemple, en 2013, à la suite du scandale de l’héparine contrefaite, les Etats-Unis, avaient condamné Ranbaxy à payer une amende de 500 millions de dollars pour avoir vendus des faux médicaments génériques. lepoint.fr/economie/usa-ranbaxy-va-payer-500-m-usd-pour-a…
2/ Le risque de sanction est faible : les chaines de productions, de transport, de ventes des faux médicaments et les circuits financiers sont soigneusement répartis dans différents pays, de telle sorte que les poursuites pénales s’essoufflent face à des législations nationales disparates, trop souvent inappliquées, et dont la coordination des actions de lutte demande du temps.
Pourtant, il est question de comportements criminels avec l’intention manifeste de tromper les consommateurs.
3/ L’accès aux consommateurs s’est démultiplié avec Internet. Les fausses pharmacies en ligne se multiplient et il n’existe pas de réglementation mondiale permettant de réguler ces sites**.
Les marchés informels sont inondés de faux médicaments et de produits de qualité inférieure. Cela ne vaut pas mieux que rien. Cela tue.
4/ Les prix des faux médicaments. En général, ils sont vendus moins chers, ou à prix dits « cassés ». L’aplomb des trafiquants va jusqu’à vendre des faux médicaments au prix du vrai, voir à un prix supérieur.
5/ L’opportunité :
– La pénurie des médicaments authentiques est une porte ouverte à l’infiltration de faux médicaments pour répondre à la demande ;
– Les crises sanitaires comme celle de la COVID. Capables de s’adapter rapidement à la demande, de faux traitements et dispositifs médicaux (tests, gants, masques) ont envahis Internet et les marchés.
L’expérience de lutte contre les faux médicaments m’a enseignée que, malgré l’action des Etats, celle du secteur privé, et celle des organisations internationales à endiguer ce fléau, les faux médicaments continuent de déferler.
La vigilance de chacun a un impact pour tous.
*Les dépenses pharmaceutiques mondiales devraient atteindre 1 967 milliards de dollars dans le monde en 2027, dont 50 milliards consacrés aux vaccins et aux traitements de la Covid-19, soit une hausse de 393 milliards par rapport aux estimations pour 2022 ; 1 574 milliards de dépenses, dont 92 milliards consacrés à la Covid-19. Ref – Rapport 2023 d’IQVIA Institute sur l’utilisation des médicaments dans le monde.
**Cela fera l’objet d’un épisode spécifique.