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Face aux pénuries, les autorités autorisent les pharmaciens à fabriquer eux-mêmes certains médicaments. Ce qui devait être une solution temporaire devient progressivement une pratique courante.
Mais à mesure que les ruptures de stock s’installent, ces préparations dites « magistrales » créent une faille : elles facilitent la circulation de faux médicaments – contaminations, erreurs de dosage, qualité douteuse, fraudes… Des États-Unis à l’Inde, en passant par le Brésil et le Nigéria, ces pratiques manquent de cadre et de contrôle. Résultat : des milliers de morts liés à des faux médicaments.
Des dérives déjà bien installées aux États-Unis
Aux États-Unis, depuis 2022, les ruptures de traitements GLP-1 (Ozempic, Wegovy, Mounjaro) ont poussé des pharmaciens à vendre des préparations magistrales. En avril 2025, la FDA a interdit celles non vérifiées, après une explosion de cas de faux produits et de produits contaminés.
En 2024–2025, Novo Nordisk et Eli Lilly ont détecté des impuretés dangereuses dans des préparations vendues comme authentiques : bactéries, solvants, structures chimiques altérées.
Ce n’est pas nouveau. En 2012, la pharmacie américaine NECC a provoqué une épidémie de méningite fongique en distribuant des injections contaminées, causant plus de 60 morts.
Même vulnérabilité en Inde, au Brésil et au Nigéria
Dans ces pays, des préparations sont fabriquées sans autorisation ou à grande échelle, souvent dans des conditions peu surveillées. Elles servent parfois de couverture à des faux médicaments, écoulés sur des marchés à faible contrôle.
En France : une vigilance réelle avec un risque latent
En mai 2025, la France a autorisé les pharmaciens à réaliser des préparations de sertraline, un antidépresseur en rupture, sans nouvelle prescription. De novembre 2024 à mars 2025, 40 officines ont préparé de l’amoxicilline pédiatrique pour faire face à la pénurie. Et début 2025, plus de 45 000 préparations magistrales de quétiapine, un antipsychotique, ont été fabriquées pour assurer la continuité des soins.
Même bien encadrées, ces pratiques, si elles se généralisent, ouvrent la porte à des dérives.
Sans encadrement strict ni vigilance renforcée, ces pratiques font le jeu des faux médicaments au détriment de notre santé et de nos vies.