#StopFakeMeds #ThinkSmart
Traiter la désinformation comme un problème d’opinion, sans regarder les produits qui circulent réellement, revient à exposer les patients à de graves dangers.
La France engage une initiative sur la désinformation en santé, centrée sur les contenus, les discours et les comportements informationnels. En l’état, la désinformation y est traitée comme un problème cognitif, non comme un problème matériel, industriel et criminel.
Si l’intention pédagogique est claire, la démarche demeure stratégiquement incomplète : elle ne traite pas la désinformation là où elle tue directement, à savoir dans la circulation de faux produits de santé, souvent en contexte de pénuries, issus de marchés parallèles.
Le rapport accompagnant cette initiative aborde les faux médicaments de manière marginale. Il n’analyse ni les liens structurels entre pénuries, marchés parallèles et diffusion de faux produits, ni les alertes internationales émises par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il ignore également la désinformation commerciale organisée, portée par des filières criminelles exploitant les failles des chaînes d’approvisionnement.
Le rapport reconnaît que « la désinformation met des vies en danger », sans jamais relier ce constat aux produits de santé dangereux qui circulent. Cela revient à sécuriser les discours tout en laissant circuler les produits, et à exposer les patients à des risques graves.
Ce biais n’est pas propre à la France. Le 2 février 2026, dans son discours d’ouverture devant le 158ᵉ Conseil exécutif de l’OMS, le Directeur général n’a fait aucune référence aux médicaments falsifiés et de qualité inférieure.
À rebours de ces approches, le Royaume-Uni a fait un choix institutionnel clair. Par une loi de 2021, il a créé la fonction indépendante de Patient Safety Commissioner, dotée d’un mandat explicite de protection des patients face aux risques liés aux produits de santé.
Si la France souhaite donner une portée à la lutte contre la désinformation en santé, celle-ci ne peut rester déconnectée de la réalité des produits qui circulent.